L’incendie en région méditerranéenne

En région Méditerranéenne, le feu de forêt est un phénomène ancien et récurrent qui a largement orienté l’évolution et la dynamique de la forêt et des espaces naturels. Qualifiées de « pyrophytes », certaines plantes comme les Cistes ou les Pins peuvent favoriser les incendies. Plus préoccupants sont les grands feux de forêt qui impactent durablement les paysages et les passages répétés des incendies qui laissent place à des formations non arborées. Avec le changement climatique, le régime des feux sera probablement aggravé.


Sommaire
  1. Des chiffres sur l’incendie
  2. Les moyens de lutte contre les feux de forêt

Des chiffres sur l’incendie

Avec 10 à 15000 hectares parcourus chaque année en moyenne dans la région Sud-Est de la France, les surfaces détruites sont en nette diminution depuis 20 ans, même si l’année 2003 fut encore dramatique (61000 ha). Habituellement lors d’une saison on enregistre un grand nombre de « petits feux » (moins de 1 ha) et quelques grands incendies (plus de 1000 ha) lorsqu’en quelques jours les conditions météo, déjà très sévères, se dégradent encore (vents forts, périodes sèches…). A eux seuls, ces grands feux peuvent expliquer les bilans d’une saison.

En France, les statistiques sur les incendies de forêt dans la zone méditerranéenne sont tenues depuis 1973 dans la base de données appelée “Prométhée” accessible par le web à l’adresse www.promethee.com.
Riche de nombreux tableaux statistiques, graphes par territoire et recherches par critères, le site renseigne sur des chiffres clé.

Entre 1973 et 2010, 866 000 ha ont été touchés par les incendies dans le Sud-Est de la France. La très grande majorité des incendies parcourent moins d’un hectare. Les années catastrophes ont enregistré des bilans annuels très lourds avec plus de 50 000 ha parcourus pour les années 1979, 1989 et 1990. 2003 est l’année des records avec plus de 61 000 ha.
Sur la même période, on comptabilise plus de 99 000 éclosions avec des bilans annuels contrastés compris entre 1 300 et 4 400 départs de feux selon les années.

  • 32départements français sont soumis au risque incendie selon le code forestier.
  • 2003, année noire, les bilans ont été dramatiques avec 417 000 ha brûlés pour le Portugal suivi par l’Espagne (131 000 ha), la France (73 000 ha) et l’Italie (59 000 ha).
  • 60,000 c’est le nombre moyen de départs de feux enregistrés dans l’Union Européenne (Source FAO).
  • 350 millions d’ha sont ravagés chaque année dans le monde dont la moitié en Afrique, par des feux de végétation.
  • 700,000 à 1 million d’hapartent en fumée chaque année, autour du bassin méditerranéen

Les moyens de lutte contre les feux de forêt

En France la doctrine de la lutte repose sur une attaque systématique, rapide et massive des feux naissants. La chaîne, de la détection à l’extinction mobilise 35,000 personnes, sapeurs-pompiers, forestiers sapeurs, agents de l’ONF et des DDTM, militaires, pilotes de la Sécurité Civile, bénévoles des Comités Feux…

Doctrine d’emploi des moyens

Attaquer le feu au plus tôt possible après l’éclosion est la stratégie de base des sapeurs-pompiers. Elle repose sur la rapidité et l’efficacité de l’attaque des feux naissants et sur la mobilisation d’importants moyens de lutte terrestres et aériens ainsi que sur le pré-positionnement des moyens dans les massifs forestiers. Le dispositif estival est activé en fonction du risque journalier.

Danger météorologique d’incendie

La cellule de Méteo-France basée à Valabre (13) élabore 2 fois par jour des bulletins « feux de forêt » à destination des opérationnels. Cette assistance porte sur 116 zones du territoire méditerranéen. Pour chaque zone sont précisés les indices de sécheresse quotidiens et les prévisions pour J et J+1 des paramètres météorologiques et le danger météorologique. Ce danger s’établit sur une échelle à 6 niveaux, de « faible » à « exceptionnel ».

La flotte des avions bombardiers d’eau

Les Canadairs :
La France dispose de 23 avions dont 11 célèbres canadairs. Pouvant larguer 6 tonnes d’eau, ces hydravions sont les seuls à pouvoir écoper sur les lacs ou en mer. L’écopage dure 12 secondes sur un plan d’eau d’au moins 1,500 mètres. La stratégie d’emploi consiste en une « noria » de 4 appareils attaquant simultanément un incendie.

Les Trackers :
Les 10 unités, d’une capacité de 3,200 litres sont déployés pour les opérations de détection et d’intervention sur feux naissants. Avec leur produits mouillants ou retardants ils assurent le GAAR (guet aérien armé).

Les Dash :
Acquis en 2004 et 2005, gros porteurs avec près de 10,000 litres, ils établissent des grandes barrières de retardant. Ils peuvent également effectuer des missions de liaison en saison hivernale. Pour le fonctionnement de l’ensemble de sa flotte aérienne, la BASC (Base Avion de la Sécurité Civile) dispose de 90 pilotes. Ces moyens de la Sécurité Civile sont complétés par des HBE (hélicoptère bombardier d’eau) ou de petits avions loués par les départements.